Un verre de campari, noyé de glaces. Un bouquet de tulipes et d'hortensias. Un sms impromptu, un disque qui s'attarde, un air d'opéra: La Wally. Un ami trop occupé à retrouver sa meute, un après-midi au soleil. Il n'en faut pas plus pour que les idées qui trainaient saisissent ce moment, et se déploient à leur rythme.
Changement de registre, je passe de l'Opéra au jazz.
Il y a un an presque jour pour jour je revenais de ma parenthèse new yorkaise. Il y a un an presque jour pour jour je m'obligeais à renouer avec cette vie parisienne.
Il y a un an, nous dirons jour pour jour, je savais que je m'étais enfuie. Je l'assume toujours.
Il y a un an , nous dirons jour pour jour, je savais déjà que j'avais bénéficié d'une chance privilégiée, de rencontres précieuses. Y compris celle avec moi même.
Il y a un an, je revenais et me prenais une baffe magistrale.
Je change de registre et passe du jazz au tango.
Je me retrouvais ici même, heureuse d'être revenue, déçue de mes retrouvailles.
Je n'étais plus de Paris.
Cette ville ne me séduisait plus, ses habitants que choquaient, je n'avais plus mes marques, plus d'émotions, rien qui ne m'accroche. Le manque de respect général, l'agressivité latente, m'ont heurtée.
Je savais depuis longtemps être nostalgique parfois, mais là, je devais apprendre à composer avec des regrêts. Un apprentissage que je ne revendique pas, que je m'emploie à oublier.
Je me suis ingéniée à passer outre.
Je me suis employée à garder l'énergie et l'optimisme qui m'avaient portée loin de mes gouffres quand j'étais oversea.
J'ai fait ma vestale consciencieuse et j'ai entretenue la flamme.
Maintenant, je suis à nouveau parisienne, enfin un peu plus.
Demain, Dimanche, je me lèverai plus tôt.
J'irai au Luxembourg regarder de loin les Taï Chi, au ralenti, chorégraphiant lentement, dessinant avec science, dans le ciel du matin, ce que sera peut être cette journée et les suivantes.
Je m'arrêterai, suspendue.
Puis, je reprendrai mon chemin.
Il fera encore frais.
J'hésiterai et certainement choisirai de prendre un thé dans un café. Un peu de lait s'il vous plait.
Merci. Le serveur sera peu désagréable.J'hésiterai et certainement choisirai de prendre un thé dans un café. Un peu de lait s'il vous plait.
Je fuirai dans l'imagination, surfant sur les vies des passants que je regarderai à la sauvette, sur les bribes des conversations des tables d'à côté que je saisirai sans effort, sur les parfums qui viendront à ma rencontre.
Le thé sera trop chaud. Le lait froid.
Ce jour m'offrira une matinée à m'oublier. Une matinée à s'oublier et le savoir.
Ensuite je me ré-amarrerai au flow des parisiens.
Je leur chercherai des faux airs d'ailleurs. Je me dirai que ça ne le fait pas. Je me dirai que je le savais d'avance.
Alors, demain sortira de ma semie maîtrise et de mes attentes et m'offrira ses reliefs les moins communs.
Demain sera frais, vif, acide et réconfortant.
Je changerai de registre et passerai du tango au rapp.
Du rapp au fado.
Du fado au silence.
Du silence au bruit de la ville.
Du rapp au fado.
Du fado au silence.
Du silence au bruit de la ville.
Paris alors se dévoilera. Aussi belle que dans mes souvenirs.
Aussi attractive que ces autres villes dans lesquelles mes jours ont été riches. Mais différente, et neuve, et particulière.
Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre...,
Cher Paul, votre rêve familier éveille bien des échos.
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave,
elle a l'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Cher Verlaine, votre rêve familier est un bel échos.
peut-être encore plus de poésie que dans l'"autant que possible" de février -dont on attend toujours le résultat du concours de titres!- , tes lignes sont des lianes pour enrouler nos "sensations" comme aurait écrit Arthur R.
RépondreSupprimerrrrr
El G,
RépondreSupprimerpromis je tranche pour le titre... et on se fait une jatte de lait très bientôt. Rrrrrr