dimanche 18 avril 2010

fly me to the moon


C'était un superbe samedi, un splendide dimanche, de ceux qui marquent une transition.
L'hiver nous a fait un au revoir plein de tact, tout entier dédié à son successeur: mister springtime, himself!

Un hiver qui s'efface avec classe.
Le soleil est juste chaud, l'air est doux.

Les parcs sont pleins de promeneurs, les chaises du Luxemboug sont toutes garnies d'alanguis de tous types, de types en tout genre, les quais de Seine livrent leurs pavés et bancs aux plus dénudés des parisiens. Mon répondeur a des messages que j'affectionne. Les jours à venir sont empreints de promesses, je me résigne aux belles surprises. Springtime, isn't it?

Donc, je promenais mes yeux encore vifs, mes cernes abysales, mon teint de terre, mon humeur légère et mes kilos hivernaux en trop, aux détours de mes balades favorites, tout nouvellement auréolées de ce soleil franc.
Donc, je promenais mes idées en l'air comme on fait flotter son appât, comme on simulerait la mouche au bout de son fouet.
La seine a des allures de torrents. Mes Repetto sont pourtant très éloignées des cuissardes vertes des pêcheurs à la mouche.
Certainement mon envie d'ailleurs qui se réveille. L'envie d'autres odeurs: celle de l'eau vive, celle des torrents et des lacs. Une envie d'eau douce.
Cette envie qui revient et me taraude avec une belle régularité, est cette fois-ci très différente de mes ressourcements usuels. Généralement c'est vers l'océan qu'elle me porte à cette époque. Ils sont loin en effet l'atlantique, la côte sauvage, les pins, les ajoncs, les orgies d'huitres, le vent qui gifle, un verre de pinault, le chemin des douaniers, les chênes verts couchés à force de vent, le pont du diable, les vagues qui s'éclatent en tumulte.

Cette année, mon esprit a trouvé un point d'équilibre inespéré entre l'eau douce et l'atlantique.

Paris m'offre un ersatz de fraicheur et de vie affleurantes, comme des poissons aux détours d'une roche. Chaque reflet est un signe.
Paris m'offre un souffle. Et même s'il ne me l'offre, je le découvre et le respire pleinement.

Je savoure chaque nuance des feuillages, chaque clarté des couleurs, chaque fossette des sourires anonymes, chaque rire, chaque musique. Il me semble percevoir mieux.
Mon pas est plus léger.
Mon esprit s'échappe.
Des airs prennent le pas de mes pensées.

Fly me to the moon.
Je fredonne pour moi ... to jupiter and mars.
Je trébuche sur un pavé. Je garde le tempo de cette mélodie superbe... in other words... dam dom you. C'est pas dam dom... non, c'est I'm in love with you, in other words...
Mes pensées se kaléidoscopent. Le "You" de la chanson devient une mosaïque dans laquelle joue le soleil. Une espèce de portrait étrange fait de morceaux choisis, agencés sans logique, qui ne ressemble plus à rien ou personne. Ce "You" n'a gardé des souvenirs que leur lumière.

Dans cette apesanteur quasi psychélique, surgit le Louvres où m'ont guidée mes pas.
Je sors de l'empreinte de the voice, j'oublie un temps la mosaïque, je sors de l'onde fade et claire du torrent, je me dégangue de la coque de sel des embruns.
Me revoici parfaite parisienne.
Les torrents sont loin, l'océan est retiré.
Je mange le rouge de mes lèvres, je les mords, je prends une pleine goulée de cet air de Paris.
Je profite juste et pleinement de ce moment, pour ce qu'il est.
Je suis juste à Paris.
Cette journée est splendide, magistrale.
De mes envies de départ, je ne concerverai aujourd'hui que Sinatra comme escorte à cette rencontre avec le printemps.
Fly me to the moon.
Je suis un peu à l'étroit.
Je sais que je repartirai bientôt, d'une façon ou d'une autre. Moins loin que Jupiter ou Mars.
Voici bientôt un an que je suis rentrée. Je suis magnifiquement bien ici. Mais, mais ... un peu d'espace me manque!
Il faut savoir pouvoir partir pour apprécier de rester ou revenir. Savoir que l'on peut. Au moins cela.
Sacrés révélateurs ces changements de saisons, indeed...
Mais je suis bien là, plantée cour carrée du Louvres, dans un rai de soleil, immobile.
Mais je suis bien là, dans cette lumière, diffuse.
Je suis là dans cette lumière qui fait perdre les reliefs.
Dans mon sac, quelques achats.
Parmi des futilités, un DVD coffret, mon Kdo de ce wek end: Let's get lost, un film splendide sur Chet baker.
J'ai vu ce trésor il y a quelques années dans une petite salle de ciné de saint germain of the près.
Je le regarderai plus tard, au retour de Jupiter, ou de Mars.

2 commentaires:

  1. Les banlieusards s'embouteillent
    Les RERiens s'entassent
    Les scooteriens zigzaguent
    Catherine... marche
    kiss!

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  2. kiss sweat!
    on s'embouteillera après un prochain theatre!

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