
Entre chiens et loups.
Ne pas céder au sommeil, feinter, esquiver la fatigue qui s'invite, s'allier à tous les subterfuges pour la leurrer. Sortir.
Se balader dans la nuit.
Le printemps est là, le ciel est clair, les étoiles se dévoilent (la faute de frappe est corrigée... dévoient avait remplacé dévoilent, l'erreur est trouble). Savourer cette éclaircie nocturne.
Se balader ce soir est un plaisir. L'air est doux, les rues désertes. Paris est si calme.
Nous sommes lundi. Lundi, ce soir où la ville est morte, molle. Ce soir où elle est au ralenti, néanmoins accueillante. Traîner encore. Refaire un tour.
Finalement rentrer. A regret.
La journée a été dense. Il me faut encore dépenser de l'énergie, il me faut aussi me débarrasser de quelques impressions qui justement ne doivent pas impressionner, pas laisser de trace.
Je presse le bouton sur la télécommande. Voyant au vert. Je ne choisis pas le canal.
Un feuilleton. Ça profile et trucide en série.
Les cris, jets de sang et commentaires off font d'excellents bruits de fonds.
Je grignote des wasabi peas.Il est cette heure qui n'est pas encore la nuit, mais plus vraiment la soirée. Cette heure où il n'est plus temps de téléphoner. Pas recommandé de ressortir. Trop tôt pour dormir. Trop tôt pour laisser la journée se terminer.
Je remets de l'eau dans les vases.
Les 8 amaryllis, trop avancés pour être vendus, offerts par mon fleuriste sont superbes. J'arrange un autre bouquet.
Les profilers ont fini de dénouer les fils barbelés qui tissent l'âme de leur proie.
Télé sur off. Vases rafraîchis.
Je passe un disque. Pas trop fort pour les voisins. Je n'ai pas envie d'écouter la musique au casque.
Ce sera un Requiem, Saint Saens. Psaume XVIII. Un achat de ce week end.
Pas très gai. L'heure de la gaité est passée mais elle laisse son ombre. Splendide et solaire. Elle illumine encore. Pourtant une heure succède à l'autre La place est maintenant au requiem. Sans tristesse. Aucune.Je prends un livre. Le laisse. En prends un second. L'envie de lire me quitte.
La main à plat sur la couverture du bouquin de Garouste "l'intranquille", j'envisage mes ongles. Ma manucure maison de samedi matin s'écaille très discrètement. Il n'y a que moi pour le voir. Un joli rose tyrien pourtant. De très légères irrégularités se dessinent. Suffisamment, pourtant.
Je vais chercher des cotons. Du dissolvant.
Si seulement tout pouvait se dissoudre aussi facilement.
L'odeur d'acétone est lourde.
Mes mains ont quitté leur masque.
Toujours pas envie de dormir. Toujours envie de repousser le sommeil.
Ne pas lui céder L'esquiver. Imaginer d'autres feintes. Se dire que ce n'est pas raisonnable. Demain il y a école. Et demain, pour se mettre en jambe, la matinée va démarrer pas une préparation de réunion, in english et sur des sujets aussi peu susceptibles de laisser une place à mes talents d'improvisation, que le recueil de données, une validation de scoping, la validation d'un planning...
Demain est à un jet d'aiguilles maintenant, juste quelques heures. Mais c'est le trésor des nuits d'offrir la possibilité de changer les temps.
Je repousse demain aussi loin possible. Je retrouve mes images d'enfant: "demain c'est quand on se réveillera...."
J'oublie demain et laisse Saint Saens reprendre le dessus. Je suis encore aujourd'hui: je ne dors pas.
Premier signe de faiblesse.
Je me frotte à la rider (un peu plus) la paupière de mon oeil gauche.
J'ignore le bâillement que j'étouffe.
Le sommeil s'invite, s'installe entre cet aujourd'hui que j'ai usé jusqu'à la corde et ce demain dont finalement j'accepte les présages.
Demain ce sera double café, anti-cernes, blush, teint pas très frais.
Demain ce seront des envies, des moments à faire passer vite et d'autres à savourer.
Demain ce sera mardi.
Demain j'y suis. Il est 1 heure plus que passée.
Demain sera familier puisque je vais m'endormir à côté de lui.
Demain m'accompagne déjà, je le précède et il m'attendra au réveil.
Demain m'accompagne déjà, je le précède et il m'attendra au réveil.
Je vais finalement céder. Accepter de dormir. Pour attendre ce demain qui ne m'est plus inconnu puisque je l'invite.
J'aime cette "fighteuse" qui esquive, tente de ne rien céder et finalement se laisse aller à la douceur de l'abandon.
RépondreSupprimerPeut être faudrait il comme dans certains arts martiaux, utiliser la force de l'adversaire... danser avec son énergie pour la reprendre à son compte.
Baccioni
Yvan