Bientôt mon nouvel an,

Demain sera certainement pluvieux, mais cela fait 2 jours de suite que le soleil est au rendez-vous. Les journées rallongent notablement, enfin perceptibles.
Demain sera pluvieux peut-être, mais avec certitude, demain ce sera déplacement.
Levée avant le soleil, je me réveillerai vraiment, une fois de plus, qu'arrivée à l'aéroport: étonnée d'être à peu près correctement habillée (I hope so), avec mes documents au complet, dents fraîches et teint éclatant, voir le contraire. Puis ce sera portique, passerelle, avion, passerelle, bureau, et re portique, passerelle, avion, passerelle, et retour à la casa à la lumière des réverbères.
Mais, il serait dommage de bouder son plaisir.
Tout d'abord il n'est pas exclu que demain soit une journée réussie, voir même intéressante, arrivée à destination.
Ensuite, côté voyage, avec un peu de chance il y aura des turbulences pendant le vol. Juste pour garder la sensation de voler.
Si je rêvais encore, je pourrais imaginer ne pas me retrouver assise à côté d'un mufle qui s'étale ou d'une working girl tombée dans le shalimar, ni à proximité de deux collègues qui parleraient boulot tout du long sans aucun égard pour ceux qui veulent juste un peu de calme pour mettre leurs idées en place, ou lire, ou juste somnoler. Et si je vais au bout du bout, allez, je rêve.... je ne me retrouverais pas obligée de retirer mes chaussures, ceinture, bague, à l'aller et au retour, pour finalement faire quand même sonner ce fichu portique. Puis, à l'aller et au retour, je n'aurais pas à supporter une palpation corporelle d'une matrone en uniforme, polie certes, mais un peu violente dans ses appuis. Quoique à tout prendre, je serais certainement plus dérangée, si cette même matrone se mettait à pratiquer une palpation caressante et douce.
Donc, demain c'est déplacement.
C'est toujours une ponctuation agréable. Mais, pour cette fois, ce ne sera pas le point culminant de cette semaine.
Cette semaine a déjà trouvé son relief, grâce à la reprise d'un rituel saisonnier: la pause buissonnière.
Le plaisir de s'échapper à midi, se balader sur les bords de Seine. Croquer un sandwich en marchant ou s'en prendre un au retour.
Trente minutes à prendre l'air, marcher, écouter de la musique, ou juste chantonner pour soi-même. Puis, revenir au bureau.
Reprendre le cours du travail, le fil des réunions, avec dans la tête cette petite bulle buissonnière. Salutaire. Des éclats de soleil sur les pommettes. Du vent, de l'air dans les cheveux. Des couleurs et des formes différentes dans les prunelles. L'esprit aéré, un peu plus libre.
Et puis, ces jours qui rallongent me rapprochent du 21 mars.
Aucun anniversaire.
Juste le jour du printemps.
Un jour qui depuis 3 ans est mon nouvel an à moi, depuis que le 1er janvier est maintenant réservé à d'autres fêtes, d'autres pensées.
Le temps de mes bilans, des souhaits, des voeux, c'est maintenant le jour du printemps.
C'est aussi une date à laquelle, depuis 3 ans, je respecte un engagement pris envers moi même.
Chaque 21 mars je me dois d'avoir fait dans l'année passée une chose nouvelle, dont j'avais envie et que j'avais déjà remise à plus tard. Une chose "hors cadre", pas inscrite au catalogue, pas forcément délirante, exceptionnelle ou marginale... juste quelque chose de spécial qui donne une marque particulière à cette année là, une couleur qui lui soit propre.
Cette année la couleur est choisie.
Il me reste encore quelques jours pour la réaliser. J'avoue: il est très agréable d'avoir à respecter cet engagement. De se forcer à passer à l'acte, pour soi.
C'est une sorte de pied de nez personnel au temps qui passe, une manière de lui renvoyer la politesse, d'être la plus respectueuse des deux.
Ce que sera la "note 2010"? C'est personnel.
D'une part, c'est l'idée qui est amusante à partager, pas sa réalisation.
Et puis, c'est le moment que je choisis pour aller me reposer un peu. Il ne serait pas question que demain, je me réveille à l'aéroport, étonnée et, qu'encore dans le gaz, je me mette à entamer un tango vachard avec cette fameuse matrone palpeuse qui campe sous le portique, et qui elle doit dormir depuis un moment.
A bientôt,
enjoy your time