vendredi 12 mars 2010

Quand il s'agit de Charles....


Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.




... après cela, qu'ajouter d'utile??

mardi 9 mars 2010

les citations ont aussi du bon

J'avoue René Char ne m'est pas du tout familier, mais juste quelques vers peuvent suffire.

"Impose ta chance, Serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder ils s'habitueront".

Voila, j'avais juste envie de partager ces quelques mots.
Je les avais croisés sur la 4eme de couv de libération, quand je lisais encore ce journal, ils concluaient un portrait de Dominique Blanc.
Je les ai retrouvés avec plaisir.


Pour ce qui est des suites des portiques:
le portique a sonné à l'aller et au retour, avec 2 palpations à la clef dont une spécialement dérangeante au retour. jusqu'à un triffouillage des armatures de mon soutien gorge, qui ont elles aussi dû user de toute leur souplesse pour ne pas craquer!
Quelques turbulences, un peu trop faibles. A l'aller, mon voisin était parfait: working boy, impoli, chèrement vêtu et sans aucune classe, glouton et ridicule d'exigences. Une place libre entre nous était salutaire.
Aucun souvenir de mon voisin du retour.
Quelle est la pire des situations?
Ensuite retour nocturne à la maison. Comme prévu. Et, tout aussi attendues, des cernes qui s'épanouissent à une vitesse record. Certains effets spéciaux sont moins réussis. Je me délite avec brio et un certain talent.
Une journée de travail plus tard et voici le week end. Week end qui se doit de démarrer dès le vendredi.
Celui-ci ne déroge pas à cette règle.
La fatigue n'est pas une raison suffisante pour se recroqueviller et couver mon besoin de sommeil, de confort et d'abysses.
Au détour de ce week end, mon ostéopathe n'abonde pas dans mon sens et me rappelle à l'ordre, toujours avec une grande gentillesse: un expert en ultimatum!
Je passe sur le reste de ce temps qui est passé entre famille et amis, mots, silences et vacarmes de bruits et de musiques, vacarmes aussi surement violents de confidences délicates.
Je continue à me bercer des acouphènes suite à tout cela.
Et je mûris un nouveau billet, pour bientôt.

mercredi 3 mars 2010

happy new year soon

Bientôt mon nouvel an,

Demain sera certainement pluvieux, mais cela fait 2 jours de suite que le soleil est au rendez-vous. Les journées rallongent notablement, enfin perceptibles.
Demain sera pluvieux peut-être, mais avec certitude, demain ce sera déplacement.
Levée avant le soleil, je me réveillerai vraiment, une fois de plus, qu'arrivée à l'aéroport: étonnée d'être à peu près correctement habillée (I hope so), avec mes documents au complet, dents fraîches et teint éclatant, voir le contraire. Puis ce sera portique, passerelle, avion, passerelle, bureau, et re portique, passerelle, avion, passerelle, et retour à la casa à la lumière des réverbères.

Mais, il serait dommage de bouder son plaisir.
Tout d'abord il n'est pas exclu que demain soit une journée réussie, voir même intéressante, arrivée à destination.
Ensuite, côté voyage, avec un peu de chance il y aura des turbulences pendant le vol. Juste pour garder la sensation de voler.
Si je rêvais encore, je pourrais imaginer ne pas me retrouver assise à côté d'un mufle qui s'étale ou d'une working girl tombée dans le shalimar, ni à proximité de deux collègues qui parleraient boulot tout du long sans aucun égard pour ceux qui veulent juste un peu de calme pour mettre leurs idées en place, ou lire, ou juste somnoler. Et si je vais au bout du bout, allez, je rêve.... je ne me retrouverais pas obligée de retirer mes chaussures, ceinture, bague, à l'aller et au retour, pour finalement faire quand même sonner ce fichu portique. Puis, à l'aller et au retour, je n'aurais pas à supporter une palpation corporelle d'une matrone en uniforme, polie certes, mais un peu violente dans ses appuis. Quoique à tout prendre, je serais certainement plus dérangée, si cette même matrone se mettait à pratiquer une palpation caressante et douce.

Donc, demain c'est déplacement.
C'est toujours une ponctuation agréable. Mais, pour cette fois, ce ne sera pas le point culminant de cette semaine.
Cette semaine a déjà trouvé son relief, grâce à la reprise d'un rituel saisonnier: la pause buissonnière.

Le plaisir de s'échapper à midi, se balader sur les bords de Seine. Croquer un sandwich en marchant ou s'en prendre un au retour.
Trente minutes à prendre l'air, marcher, écouter de la musique, ou juste chantonner pour soi-même. Puis, revenir au bureau.
Reprendre le cours du travail, le fil des réunions, avec dans la tête cette petite bulle buissonnière. Salutaire. Des éclats de soleil sur les pommettes. Du vent, de l'air dans les cheveux. Des couleurs et des formes différentes dans les prunelles. L'esprit aéré, un peu plus libre.

Et puis, ces jours qui rallongent me rapprochent du 21 mars.
Aucun anniversaire.
Juste le jour du printemps.
Un jour qui depuis 3 ans est mon nouvel an à moi, depuis que le 1er janvier est maintenant réservé à d'autres fêtes, d'autres pensées.
Le temps de mes bilans, des souhaits, des voeux, c'est maintenant le jour du printemps.

C'est aussi une date à laquelle, depuis 3 ans, je respecte un engagement pris envers moi même.
Chaque 21 mars je me dois d'avoir fait dans l'année passée une chose nouvelle, dont j'avais envie et que j'avais déjà remise à plus tard. Une chose "hors cadre", pas inscrite au catalogue, pas forcément délirante, exceptionnelle ou marginale... juste quelque chose de spécial qui donne une marque particulière à cette année là, une couleur qui lui soit propre.

Cette année la couleur est choisie.
Il me reste encore quelques jours pour la réaliser. J'avoue: il est très agréable d'avoir à respecter cet engagement. De se forcer à passer à l'acte, pour soi.
C'est une sorte de pied de nez personnel au temps qui passe, une manière de lui renvoyer la politesse, d'être la plus respectueuse des deux.

Ce que sera la "note 2010"? C'est personnel.
D'une part, c'est l'idée qui est amusante à partager, pas sa réalisation.
Et puis, c'est le moment que je choisis pour aller me reposer un peu. Il ne serait pas question que demain, je me réveille à l'aéroport, étonnée et, qu'encore dans le gaz, je me mette à entamer un tango vachard avec cette fameuse matrone palpeuse qui campe sous le portique, et qui elle doit dormir depuis un moment.



A bientôt,
enjoy your time

lundi 1 mars 2010

Rendez-vous manqué... vraiment?

Aujourd'hui Dimanche.

Encore un Dimanche
Cette journée est un anachronisme pour un métronome, comme tous les dimanche. Le temps que prend le temps est variable. Chaque dimanche, cette élasticité temporelle se reproduit.
La matinée passe comme un éclair.

Mangée par un bout par un sommeil qui s'étire et se ré-étire, se réitère : encore une demie heure, encore un quart d'heure, encore un peu, on se tourne et retourne sous les draps, à l'affût d'un peu moins de moiteur.
Une journée qui débute, mangée par le sommeil donc, et par l'autre bout par la nécessité d'aller à un déjeuner, ou un brunch, ou s'excuser de ne pas venir, ou encore faire un brin de marché.
Puis voici l'après-midi qui s'étend, indéfiniment, très lentement.
La digestion donne le ton, puis l'ennui si on le laisse s'installer vient scléroser toute velléité de bouger.
Alors, ce dimanche s’amorce, aujourd'hui, 28 février: trempé des bilans de la tempête encore assez vaguement expliqués par les journalistes, alourdi d'un dîner magistral de la veille, léger de l'amitié et de la générosité de cette soirée de samedi.
Pleine d’une énergie inespérée, je voulais retourner dans l'univers de l'expo Rodin et Matisse. Le dernier jour de cette proposition. Une dernière escale possible. L'abordage ultime.

Donc, je me lève très tard. Une douche, 3 cafés, 2 coups de fil après, me voici totalement sur pieds.
Je suis dans la bulle de mon domicile. Bulle de parquets XIXeme et de stuques, trés protégée. Les news arrivent de l’extérieur.
La catastrophe se précise et une fois de plus étend son ombre.
Les nouvelles sont mauvaises: la pluie, le vent, la tempête , des destins qui se sont arrêtés nets, des familles dévastées, des morts encore, des peurs, des pertes incomprises, inconcevables.
Je tourne le bouton de la radio.
Un CD. De la musique. M'échapper un peu de cette chappe.
Chet Baker.
Dépressif, élégant, intemporel, aussi suave que le désespoir s'est l'être, aussi souple et nuancé que la désillusion. De circonstance !
Donc me voici avec Chet, le souffle ample de son son, sa trompette toute en retenue, ses silences étranglés. Les temps, syncopes, demi-tons. Tout un nuancier.
Un nuancier qui me donne à choisir le ton de ce dimanche.
Je le choisis donc.
Je décide que ce dimanche sera gris acier, gris bleu avec des reflets lilas, et du vent, beaucoup de vent, et une odeur de source, de lac.
Deux œufs brouillés plus tard, ciboulette et cheddar.
Je sors enfin.
Ce dimanche est tel que je l'ai souhaité: gris, humide, irisé, venteux, des veines de soleil, une odeur de terre après la pluie.
Je prends un bus qui doit me déposer au champ de mars
Finalement, je descends plus tôt. J'ai besoin de marcher. Il me faut de l'air.
Je longe les invalides. Je m'arrête pour une photo d'un graffiti.
Amusant.
Cette citation m'est familière: "Le besoin de consolation de l'homme est impossible à rassasier". Stig Dagermann, suicidé, talentueux.
Une autre citation, plus longue à taguer, aurait été plus juste aujourd'hui: "Il n'existe pour moi qu'une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l'intérieur de ses limites".
Ces pensées guident les déambulations qui me conduisent rue de Varenne.
Devant le musée, une longue file de personnes agacées, impatientes.
Une attente et une agitation faite de piétinements et de soupirs exaspérés, incompatibles avec le moment que je viens chercher.
Je tourne les talons. Je ne reste pas. Je repars immédiatement.
La plongée dans l'univers de Rodin et Matisse est finalement un échouage volontaire.
En effet, à quoi bon rester pour me retrouver après 30 ou 45 minutes, avec les mêmes, agacés et fermés, agglutinés et aveugles d'attendus devant ces bronzes, peintures, aquarelles, fusains et sanguines.
A quoi bon me retrouver à devoir entendre leurs commentaires, à les frôler, à les contourner scotchés à quelques centimètres de sculptures qu'ils asphyxient de blabla et de regards indécents.
Mon rendez-vous est manqué.
Je suis déçue.
Terriblement déçue, mais tellement soulagée d'avoir, pour moi, le souvenir de mes deux précédentes visites rue de Varenne, calmes, personnelles, confidentielles.
Heureuse d'avoir aussi le souvenir des visites des amis, de ceux qui ont gouté de cette exposition, sur mon incitation, à mon invitation. D'avoir aussi le regrêt de ceux qui n'y sont finalement pas allés, mais qui imaginent ce qu'aurait pu être ce rendez-vous manqué.
Déçue mais libre d'avoir renoncée au n'importenawak de la cohue, avide et sèche, sans aucune générosité, même pas celle d'être spontanée.

Je longe la Seine.
Orsay,
Quai Voltaire.
Je remonte vers Odéon. Le sénat.
Les jardins du Luxembourg sont fermés. Toujours les suites de la tempête. D'ailleurs en venant j'ai pu voir des vitres d'abris bus explosées, la cahute des gardiens de l'assemblée nationale couchée par terre, des cabines de téléphones détruites.
Je continue, des cheveux plein le visage.
Je retourne chez moi.
Un achat de deux DVD plus tard, et quelques courses. Me voici à nouveau dans ma bulle, pieds nus sur le parquet.
19 heures.
Et le temps du dimanche redevient contracté, condensé. Les minutes et les heures filent vite à nouveau.
Pour ralentir ce temps je reprends les livres que je me suis offerts la veille.
Amusante cette tentative pour infléchir l'écoulement du temps, celui des minutes, l’égrainage des secondes.
Je m'arrête sur "l'histoire de la laideur" d'Umberto Eco.
Je savoure...
Il est tard maintenant et le temps à nouveau s'étire.

lundi 22 février 2010

La chaleur des bronzes, le pouls du marbre,


Après une journée étrange, la soirée se voulait utile, un brin fastidieuse: mettre un peu d'ordre dans les répertoires de photos, nettoyer les copies, supprimer les loupés les plus évidents.
Bien évidemment l'anecdote réminiscente a supplanté tous les efforts (plutôt faibles) d'efficacité bibliothécaire ... Le classement et le nettoyage seront pour après-demain.

Au hasard des fichiers sans nom, DSC02174 etc, le regard scrutant les miniatures, je reconnais une série faite au musée Rodin, il y a quelques semaines, et j'en retiens une: Minotaure et nymphe.


Ce bronze ne m'était pas inconnu.
Je l'avais découvert d'une étrange façon, filmé, évoqué, incarné. Le plaisir supplémentaire est que ce souvenir m'a ramené à mon escapade à NYC. Et c'est ... un plaisir supplémentaire.
C'était au new museum, un lieu genre conceptualo conceptuel, créatif, étonnant, néanmoins accueillant.
Ce film était projeté dans une salle obscure, au sol couvert de gros coussins... (là c'est le côté conceptualo-pas-arthritique). Le film est projeté en boucle. J'en ai fait plus d'une, de boucle.

C'est un film 16mm de Daria Martin.
Un couple de danseurs évoque et décline ce bronze.
Lui, âgé, l'allure d'un vieil espagnol. Elegant, dominateur, plus esthète que fougueux, avec la force d'airain de ceux qui connaissent la suite. Elle, très fine, presque juvénile mais d'une sensualité de 1000 ans, joueuse, provocante mais disciplinée.
La chorégraphie, moderne, dépouillée est parfaitement capturée par la caméra. Chaque espace entre ces 2 corps est aussi de la danse.
Le ballet a été conçu par Anna Halprin, que je ne connaissais pas, pas plus que Daria Martin, pas plus que ce bronze précisément.
Et pourtant il y eut une évidence.
Je me souviens également dans ce film d'une séquence.
Vers la fin.
Il me semble que c'était dans un jardin. Une idée de vent.
Une vieille femme caresse un livre de photos avec celle de ce bronze. Une vieille femme avec un regard de nymphe. Les mains tâchées et veinées, mais toujours sensibles. La pulpe asséchée de ses doigts trouve chaque détail du grain de cette photo comme celui d'une peau. Elle trouve le pouls du minotaure, la nervosité de la nymphe, l'abandon et la lutte harmonieuse de ces deux forces qui s'éreintent.

Ce moment dans le noir d'une salle d'un musée, seule, ailleurs.
Ce moment avait été magique, évocateur des mythes, du souffle du vieux continent

D'autres choses aussi.
Un instant splendide de mouvements, d'espace vibrant, de liberté de voir, d'imaginer.
Puis me voici, il y a quelques semaines, rue de Varenne, au bénéfice de l'exposition Matisse Rodin. Un passage obligé par les jardins, saluer les bourgeois, saisir le même malaise face aux portes de l'enfer. Et, déambuler dans l'hôtel particulier autour de la collection permanente.
Et, ce bronze auquel je ne pensais plus.
Petit.
Placé un peu trop bas pour vraiment en saisir la puissance. Celle de ces mains agrippées entre les cuisses de la nymphe. Celle d'une autre main effleurant à peine un bras.
C'est une générosité immense, que celle de ces artistes. J'ai la chance qu'ils m'aient guidée. Que je n'ai pas ignoré ce bronze.

Je remettrai encore souvent à après-demain la suite de ce classement.
Détrompez-vous: Je n'évite pas, je savoure.
C'est certainement la raison pour laquelle je repousse également, sans vraiment de raisons objectives, l'ouverture des cartons de livres restés intacts depuis l'emménagement.
Des cartons de pandore, mais moins dramatiques. Des cartons comme des pochettes surprise. Comme des albums. Des parenthèses, remplies d'impressions et de guirlande de points de suspension.
... ... ...
J'y retrouverai Phèdre et les tortures de ce cher Jean Racine: " c'est vénus tout entière à sa proie attachée".
... ... ...

mercredi 17 février 2010

des endroits comme ça

Pont Alexandre III,

Dorures, luminaires, romantisme de bon aloi, rococo photogénique, l'eau qui clapote, les touristes qui se bécotent un bras tendu armé d'un appareil numérique...
Joli.
Joli, mais limite ridicule...


Un pont qui serait à ce type d'ouvrages, ce que le lévrier afghan est à l'épagneul, et l'escarpin au trotteur:
pareil mais en plus compliqué.

Ce pont a la lumière de la place de la concorde.
Bref, un panorama qui fait "crack boum hu". Un concentré d'attendus.
L'air de Paris version 24 carats, avec l'estampille vieille Europe.
Usé d'être trop vu toujours sous le même angle.

Alors, pour me réconcilier: balade sur les quais.











La structure du pont est splendide.
Les lumières qui ricochent sur les poutrelles.
Les alignements pointillés de rivets.
C'est juste magnifique.
La cohue et le bruit sont loin derrière, loin dessus.
Le clinquant alors se patine. Le pont prend une nouvelle superbe. Industrielle. Ingénieuse.
Un des endroits pour de jolies photos. De beaux instants.
Un de ces endroits, comme ça, plus élégant vu des coulisses.
Si vous passez par là.
Si vous voulez vous laisser balloter entre le monde des ingénieurs, des sculpteurs, des mariniers, des lumières qui jouent, des bruits qui se feutrent, de vos pensées qui naviguent.
Si vous passez par là:
descendez sur le quai, prenez le temps qui vous va, puis remontez, slalomez entre les touristes narcissiques, et vous le verrez autrement.

dimanche 14 février 2010

mister Yeats

Ce n'est pas de moi, mais aux détours d'une lecture, voici un poeme qui m'a cueillie.
C'est de W.B.Yeats traduit par Y. Bonnefoy.
Sinon, pour ce qui est partageable de ce week end:
moment drôle au point virgule avec Olivier de Benoist, et de l'émotion au théâtre avec la dernière interview de Vivien Leigh (Vivien avec un "e").

Pour le reste, Cupidon revoit son business plan et sa campagne marketing.
J'ai encore froid aux pieds et une pile de courriers en retard me nargue.
J'ai changé de crème contours des yeux (la dernière reléguée pour insuffisance de résultats), ma purée de patates douces au citron vert est enfin au point, et la minuterie de l'escalier est en panne depuis une semaine.
Il me reste à ré-empaqueter ma nouvelle télé pour cause de faux contact dans l'alimentation.
Et, j'ai pris plein de temps pour choisir et acheter une pile de bouquins, très divers, sans fil conducteur... pour avoir le choix.

Voila pour les news,
et donc, en revenant du théâtre, ce soir, ce poème qui me touche.

... ... ... ...... ...... ...... ... ... ...
... ... ... ...... ...... ...... ... ... ...

A l'enfant qui danse dans le vent

Danse là sur le rivage
Car pourquoi te soucierais-tu
Du vent ou de l'eau qui gronde?
Et après secoue tes cheveux
Qu'ont trempés les gouttes amères.
Tu es jeune, tu ne sais pas
Que l'imbécile triomphe,
Ni qu'on perd l'amour aussitôt
Qu'on l'a gagné, ni qu'est mort
Celui qui oeuvrait le mieux, mais laissa
Défaite toute la gerbe.
Ah pourquoi aurais-tu la crainte
De l'horreur que clame le vent?



et pour les super fluent

To a child dancing in the wind

Dance there upon the shore;
What need have you to care
For wind or water's roar?
And trumble out your hair
That the salt drops have wet;
Being young you have not known
The fool's triumph, nor yet
Love lost as soon as won,
Nor the best labourer dead
And all the sheaves to bind.
What need have you to dread
The monstrous crying of wind?