
Dimanche, toujours pas sommeil. Il fait chaud.
Des vagues moites succèdent aux rares courants d'air. Le temps est à l'orage.
Pourtant, toutes les fenêtres sont ouvertes. Les portes sont bloquées par des cales pour m'éviter de sursauter. Un bouquet d'Arum noirs et de freesia blancs sur la table basse, un autre de feuillages, cassis, buis et philodendron sur la cheminée, et un petit avec juste un arum et un freesia à côté, voici les seules touches de fraîcheurs dans l'appartement.
Je me dissous dans cette moiteur.
Est-il raisonnable de prendre une troisième douche?
Je me contente d'eau froide sur les poignets et sur les pieds.
Paris serait parfaite avec des alysées. Mais la Seine manque de sel, les platanes de noix, le ciel d'Ortolans, les ballons des zincs de lime, et les au revoir parisiens de "à la grace de dieu".
Donnez moi un hamac et un peu de vent, et je dors ... ou me réveille complètement!
J'hésite à sortir faire un tour dans les rues.
Il doit faire meilleur dehors.
1 heure passée. Ce ne serait pas raisonnable. Mais il faudrait surtout que je remette mes chaussures, un autre Tshirt , un coup de peigne dans le nimportenawak qui choucroute sur mon minois miné.
Je renonce.
Alors je reste là, fenêtres ouvertes, de vagues feuilletons américains en fonds sonore et unique source lumineuse avec l'écran du portable.
Ces soirs d'été sont étonnants.
Les immeubles parisiens, fenêtres béantes ou entre ouvertes, reprennent un peu d'humanité.
Un peu trop.
Une table qui se débarasse, des bruits d'assiettes qui s'entre choquent, des conversations qui s'animent et meurent, des enfants qui pleurent, des musiques qui se superposent, des amis qui se quittent, des couples qui se retrouvent et s'oublient... et oublient que les fenêtres sont ouvertes.
Il semble que la chaleur ait un effet détonnant sur les cordes vocales de l'amante épisodique du ténébreux du 2e droite.
Cela fait plusieurs fois que j'hésite à leur laisser une bouteille de champagne sur leur paillasson, pour honorer le dieu des décibels orgasmiques, et calmer mes réveils en sursauts au hurlement marquant la première joute de ce cher voisin.
Voici de ces surprises des étés et des fenêtres ouvertes.
On se dit à peine bonjour quand on se croise dans le hell, mais on partage nos ébats, la bande sonore tout au moins.
(nb: je garde la faute de frappe du hall - pour ce joli lapsus remarqué par EL)
On se dit à peine bonjour quand on se croise dans le hell, mais on partage nos ébats, la bande sonore tout au moins.
(nb: je garde la faute de frappe du hall - pour ce joli lapsus remarqué par EL)
Pour autant, cela ne me le rend pas plus sympathique le grand ténébreux du 2e droite.
Il ne faudrait pas que par sa faute je sois insomniaque confirmée et en plus très indiscrète!
Demain va être une longue journée.
Je promets mon regard le plus noir au premier (ou première) qui fera une remarque sur l'ombre de mes cernes, mes baillements étouffés, mon manque de peps.
Et demain est justement une journée à qui je dois d'être vive, alerte et aiguisée!
L'avantage quand on n'a pas le choix, c'est que l'on économise l'énergie des prises de tête, tergiversations, et autres cogitations solitaires et stériles.
Donc demain je dois et je serai vive, alerte et aiguisée.It's time to sleep,
it's time to slip, to tomorrow
perhaps !
Alors je repense au film quand Harry rencontre Sally. Je repense à mes déjeuners hivernaux chez Katz (silencieux).
Je me souviens de la tête de Meg Ryan sans silicone ni botox.
Je pense à tout cela et espère que mon voisin ne pense à rien, juste à dormir, et préserver ses tympans d'un destin funeste que je lui prédis très proche.
J'enfile un Tshirt, un jean et des ballerines.
Je sors prendre l'air, attraper un coup de lune, entrer dans demain.
Et au retour, certainement je dormirai.
See You!
Ce hall est un véritable hell.
RépondreSupprimerSuperbe lapsus
L' enfer à notre ( pas de ) porte
EL
L' amour est aveugle: la preuve il y en a qui braillent en le faisant.
RépondreSupprimerEL