dimanche 20 juin 2010

insomnie diurne


Voici un exercice qui me trotte dans la tête comme une ritournelle depuis quelques temps.
C'est à la manière de « selle de ch'val,ch'val de course, course à pied, pied a terre, terre de feu »…
Un exercice amusant, presque autant que des photos offertes en kit. Il s'agit de laisser libre cours aux associations d’idées...
Idée, hédoniste, Istambul, boule de bal, balle à blanc, blanc d'espagne, agneau de lait, laiterie, idées …

Donc, sur le principe on commence par un mot. J'ai choisis "Elégant".
On s'égare, et on essaie de revenir à ce mot. Comme un domino !

Elégant,
enchanter, télépathe, attirer, rai de lune, lune claire, aire de jeux, jeux de quilles, quilles en bois, bois de rose, rose des vents, vent debout, bout en train, reins tendus,
dulciné, nez busqué, quai de gare, garde fou, fou de bassan, embrasser, serrer fort, fort en thèmes, aimons-nous, outre passe, assassin, seins (saints!) de glace, lacérer, raie manga, galipettes, pétaudière, errements, entrelacs, à genou, outrageant, entre-nous, nouveauté, thé de chine, ineffable, fabuleux, heureux qui, qui a su, supplanter, tes envies, viscéral, haletant, angle mort, mort de rire, ris de moi, moi de toi, twilight zone, honni soi, soie sauvage, âge d'or, oriflamme, amaranthe, hantons nous, outrageux, jeux de mains, maintes fois, foisonner, éluder, élégance….

Voila... Moi cela m'amuse !

Il en est de certains moments, comme des mots, qui ne trouvent de sens que par leurs enchaînements.
Il en est de certaines histoires comme de ces moments, qui ne trouvent de sens que par leurs atermoiements.
Et puis, finalement, résolument, choisir d'être égoïste par respect pour des plaisirs qui se partagent.
Arrêter de se prendre la tête.
Juste profiter de l’air qui devient léger, du froid qui ne veut pas laisser sa place à l’été, de l’énergie communicative des soirées au théâtre, aux spectacles, ou en terrasses.
Oui, je sais, je suis une reptilienne contrariée... Fonctionner à l'instinct et laisser les réflexions m'envahirent, même nulles, même inutiles. Mais je peux envisager de me soigner!


Retour sur ce week-end: séquence "tribulations d'une parisenne à Paris".

Vendredi, une soirée à la comédie française : Ubu roi. Un délire un peu acide, juste dérangeant, euphorisant. La chanson de l’écervelage est une pépite.
Le jeu des acteurs, la mise en scène sont parfaits, de cette perfection faite de talents et de temps, de peaufinage et d’inspirations.
Une forme d'intelligence communicative, qui permet de succomber à la facilité de rire des horreurs.

Je retournerai dans la "grande maison" la semaine prochaine pour Cyrano. Pour le plaisir des mots, du jeu, des beaux nez et des non-dits.
Ce vendredi, après cet Ubu, une fin de soirée en douceurs. En tête à tête amical.
Le lendemain, les petites corvées habituelles sans lesquelles les samedis ne seraient qu’un jour de repos comme les autres.
S'accorder du temps pour moi.
Coiffeur et achat d'une paire de chaussures. Deux heures "exclusives" qui valent tripette (good trip ? bad trip ?).
Puis, a suivi une soirée de crémaillère, à papoter, danser, rire. Manger, boire et s'amuser. Le plaisir partagé. Etre spontanés.
Rentrer tôt, le matin, ne pas être fatiguée.
Attendre que le sommeil vienne, s’endormir finalement largement après l’aube.
Se réveiller. Presque fraîche... enfin presque (notion de fraîcheur à corriger des variations des quadra-syndromes).

Se dire que ces moments-là valent le coup. Même avec des poches sous les yeux.
Rebondir sur d’autres moments.
Laisser mes pensées faire du trampoline, des pirouettes.
Rester en légèreté, gouter l'apesanteur.

Je ne me laisse même pas polluer par l’interview débilitante de Riberi qui, à grand renfort de fautes de français, de « honnêtement », et de « moi je m’excuse », essaie de donner un fonds dramaturgique aux péripéties de vestiaire de ces tapeurs de ballons mal embouchés. Il utilise un temps d’antenne, dont il ne connaît même pas la valeur, pour nous gaver de leurs états d’âmes de porteurs de short, shooters occasionnels, et jouisseurs toujours bloqués en position pré-pubère.
Ces tribulations de footeux n’arrivent pas à me mazouter l’esprit. Mes pensées volent toujours.
Je m’amuse à me cuisiner un déjeuner (goûter ?) soigné, un peu recherché.
Un opéra en fonds sonore.
Le vol de mes pensées prend de l’ampleur. L’esprit plane.
La fatigue vient alourdir ses ailes. Je me refuse à dormir.
Il sera bien temps.
Plus tard.

4 commentaires:

  1. "Les mains dans les poches sous les yeux
    Tel un Picasso de banlieue
    Trempe tes pinceaux dans la débine
    Si le monde est beau, toi, t'as mauvaise mine

    Sur le trottoir des Deux Magots
    Tu fais Prévert, tu fais Rimbaud
    Tu fais désert, tu fais chameau
    Tu vends au noir des esquimaux, ..."

    Yvan Dautin

    Il me reste encore quelques notes en tête, je te les chanterai.. ou ronronnerai plutôt.
    rrr..

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  2. RRrrr... Bonsoir le Chat!
    Je vais tremper mes pinceaux dans l'anti-cernes et le blush.
    Je te passe les dates de théâtre demain, mon cher.
    Besos El Gato

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  3. Une reptilienne contrariée passait son chemin;
    ses reptations ondulatoires en affolaient plus d'un et en intimidaient plus d'une.
    Elle ne s'en souciait guère.
    Son esprit, tendu, sur le qui vive, ne se résignait pas.
    Outre passer, voilà ce qui la faisait vibrer.
    Biensûr, elle ne détestait pas chambouler ces bonnes âmes de temps à autres.
    On a bien le droit de jouer un peu avant de croquer sa proie !
    Elle consentait même parfois à être la proie, mais seulement pour LUI.
    Se mélanger à ses congénères,elle il consentait à quelques rares occasions.
    Mais très vite la rattrapait, ce foutu sentiment que : "Le pire, c'est la conscience du vide".
    :-))

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  4. tu m'as grillé sur "le pire c'est la conscience du vide"...
    tu es meilleur funambule que moi!!!
    respect!

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